CHAURIAT

Chauriat possède trois églises dont deux sont romanes !

Saint-Julien et Sainte-Marie se trouvent côte à côte sur la place du village. Pour visiter Saint-Julien, il faut contacter la mairie de Chauriat (0473629595) ou prendre rendez-vous pour une visite guidée gratuite (particuliers et groupes) (0603259272).

Sainte-Marie est convertie en chai depuis la Révolution, c'est actuellement un négoce de vente de vin ouvert au public.

Ancienne prieurale Saint Julien

C’est en 976 à la suite de la donation par l’évêque de Clermont, Etienne II, et de son frère, Robert, comte d’Auvergne au prieuré de Sauxillanges, filles de Cluny, que seront achevés les travaux de reconstruction du prieuré Saint-Julien. En effet, nous avons que ce dernier était en travaux à l’époque de la donation et qu’il devait remplacer un édifice plus ancien. L’édifice est donc construit au XIème siècle en reprenant les grandes caractéristiques des édifices romans d’Auvergne. 

Si le nombre de moines en place pour s’occuper des trois édifices de Chauriat n’a jamais dépassé 4 ou 5, le prieuré Saint-Julien a fortement impacté le développement du bourg médiéval. Édifice relativement important, que ses dimensions et ses caractéristiques rapprochent de Saint-Nectaire, le prieuré Saint-Julien a connu des périodes de destructions et de reconstructions qui ont altéré sa forme originelle.

Au XIIIème et XIVème siècle des conflits opposent les habitants de la commune aux consuls. En 1296, l’église est quasi détruite et devra être partiellement reconstruite. Par la suite, les tremblements de terre du XVème siècle vont également entraîner des dégâts conséquents. La nef et le choeur s’écroulent. Reconstruit à l’économie, l’édifice sera privé de sa tribune et de ses chapelles rayonnantes.

Une dernière destruction, celle du clocher, remplacé par une tour carrée jusqu’à la fin du XIXème siècle, daterait peut-être de la Révolution, à moins qu’il n’ait été jamais reconstruit après les tremblements de terre.

Edifice remarquable, l’ancienne prieurale saint Julien fut classée Monuments Historiques dès 1840. Elle fut restaurée entre 1840 et 1865 par l’architecte Aymon Gilbert Mallay, disciple de Viollet le Duc qui embellira la façade sud de décors polychromes en copiant ceux du transept. Le clocher, quant à lui, sera reconstruit en 1895 sur le modèle de celui de Saint Saturnin par l’architecte Victor Petitgrand.

Vue aérienne avec les deux églises romanes dans l'enceinte du fort villageois

Trace d'attache de la voûte d'origine visible de l'extérieur

Intérieur de la nef

Carte postale montrant le clocher avant sa reconstruction

Croquis de Mallay pour la restauration de l'église Saint Julien

Le programme iconographique reprend des thèmes récurrents dans l’art roman : âne musicien, singe encordé, personnage chevauchant un bouc, sirènes bifides à queues végétales, combats des anges et des démons… Le chapiteau le plus remarquable présente trois scènes : la Cène, le Lavement de pieds et les Saintes Femmes au tombeau. Feuillages plus ou moins stylisés, masques et visages font aussi partis de l’iconographie.

Il faut également noter la présence d’une très belle vierge en majesté romane du XIIème siècle, d’un saint Verny et d’une Sainte Marcelle du XIXème et d’un saint Sébastien du XVIème, classés ou inscrits à l’inventaire des monuments historiques. La sacristie abrite la châsse reliquaire de Sainte Marcelle en bois peint du XIVème, visible lors des visites guidées.

Ange et philactère

Anges combattant les démons

La Cène

Vierge du XIème siècle

Eglise Sainte Marie

L’église rassemble plusieurs phases de constructions, carolingienne, romane, puis elle a été modifiée à la Révolution et au XIXe siècle. Sainte Marie est donnée en  976 au prieuré de Sauxillanges, l’une des filles de Cluny par l’évêque de Clermont, Etienne II, et son frère, Robert, comte d’Auvergne. Sur l’acte de donation figure les deux autres édifices de Chauriat, une église en travaux (qui correspond à la prieurale saint Julien) et la chapelle sainte Marcelle qui se trouve sur les contreforts du Puy de Mur (l’édifice actuel date de 1846).

Vendue comme bien national à la Révolution, le bâtiment est acheté par le conventionnel Claude Antoine Rudel du Miral, bâtisseur de l’hôtel particulier qui abrite la mairie, pour en faire une grange. Il insère des planchers pour créer des étages à l’intérieur, rajoute un porche en façade, une avancée en partie nord pour desservir l’étage nouvellement construit et transforme le bras droit du transept pour en faire une chapelle funéraire. Un peu plus tard, le bâtiment est transformé en chais. Actuellement, l’édifice est l’écrin des “Caves de l’abbaye”, qui présente et vend ses produits (dont un vin pétillant élaboré selon la méthode champenoise) dans ce cadre exceptionnel. 

Le plan est simple : une nef, un transept et un chevet. La nef est formé par un vaisseau central et deux bas-côtés. La voûte en plein cintre du haut vaisseau est contrebutée par celles en arc-de-cercle des bas-côtés. Cette technique est utilisée dans l’art carolingien puis pré-roman. 

Le chevet est une abside semi circulaire encadrée de deux chapelles qui se situent dans le prolongement d’un petit transept.

La sculpture diffère de celle de Saint-Julien. Des chapiteaux dans l’abside sont des sculptures romaines (la région a été fortement romanisée), d’autres portent des motifs en crosses et deux représentent l'Annonciation faite à Marie et Daniel dans la fosse aux lions. Les motifs décoratifs, les techniques de taille sont antérieures à ceux de Saint-Julien. Sainte-Marie date du X ou du XIe siècle.

Nous pensons que Sainte-Marie a été l’église de la paroisse alors que Saint-Julien était celle du prieuré, ce qui expliquerai leur proximité.  

Elle a été inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1917. 

Daniel dans la fosse aux lions