CHAMBON SUR LAC

La rotonde

Dominant le village, cette petite rotonde romane évoque le modèle du tombeau du Christ à Jérusalem. Le cimetière qui était avant autour de l’église du village a été installé autour de la rotonde au XIXe siècle.

Malgré ses petites dimensions, cette rotonde est l’une des plus belles créations de l’art roman auvergnat. Le porche, refait au XIXe siècle, ouvre sur le bâtiment circulaire entièrement couvert par une coupole. Une petite abside droite en légère saillie souligne l’orientation.

Le mur extérieur est marqué par un registre horizontal formé de deux corniches encadrant la baie de l'abside, quatre niches aveugles et des fentes de jours. La toiture est précédée d'une corniche en saillie supportée par des modillons à copeaux. 

 

L’intérieur est très simple, une arcature court sur les murs et retombe sur six colonnes plaquées contre les murs. Au-dessus de la baie orientale, l’arcature est renforcée par une voussure.

Les chapiteaux situés à l’extérieur surmontent les colonnettes des arcatures aveugles, ils ont été en partie refaits, les plus anciens portent des motifs végétaux, des griffons buvant dans un calice, des aigles, un homme accroupi dans des feuillages et un autre tirant la langue.

À l’intérieur, les chapiteaux sont essentiellement végétaux, un seul représente une scène de libation, un homme nu est allongé au sol, son coude repose sur un coussin, quatre personnages l’entourent, l’un d’eux se penche vers lui avec un gros couteau. On peut y voir la circoncision d'Abraham. Le style de ce chapiteau est très proche de celui présentant un homme nu entouré de soldats à saint-Julien de Brioude.

Griffons buvant dans un calice

La rotonde de Chambon est totalement déconnectée de son contexte primitif et il n'existe aucune documentation sur sa fonction : il pouvait s’agir d’une chapelle funéraire, commémorative ou d’un petit oratoire situé au pied du col de la Croix Saint-Robert. 

Malgré ses modestes dimensions, cette chapelle a fait l’objet d’une grande qualité dans sa construction en particulier la taille et l’assemblage des pierres de taille. 

Une petite ouverture porte des signes lapidaires laissés par les tailleurs de pierre.

Un sarcophage roman se trouve à l’extérieur de l’église.

La coupole a été coulée en mortier ainsi que les murs qui ont des parements de pierres taillées. 

La rotonde est une œuvre savante, elle présente de réelles similitudes avec l’église de Saint-Nectaire (ses dimensions, proportions et sa sculpture - en particulier le chapiteau des griffons). Son aspect extérieur reprend exactement la partie haute de l’abside du chœur de l’église de Saint-Nectaire : on donc peut imaginer qu’elles sont contemporaines, c’est à dire du début du XIe siècle.

Eglise Saint Etienne de Chambon-sur-Lac

Saint-Étienne a connu de nombreuses modifications, dont au moins deux à l'époque romane, puis au XIVème et XVème siècle et enfin un profond remaniement au XIXe siècle : l'église est remblayée sur plus de 1, 50 m et le portail sud a été déplacé à l’ouest. 

L’édifice est formée d’une nef qui ouvre sur un transept surmonté par un clocher et une abside circulaire. Deux petites chapelles carrées ont été adossées à l’église : une contre le côté nord de la nef, l’autre au sud de l’abside. 

La petite nef est divisée en trois travées, délimitées par des arcs doubleaux. Le transept encadre une coupole ovale qui repose sur des trompes d’angle. Les voûtes de la nef et de la coupole ont été refaite à la période gothique.

Une travée droite précède l’abside qui est décorée d'arcatures et de chapiteaux gothiques, réinterprétation des modèles romans. Le décor peint a été restauré à la fin du XXe siècle.

Les chapiteaux de la nef sont végétaux, dérivés du motif corinthien, à l’exception d’un seul qui date du XXe siècle. 

Ceux de l’abside sont gothiques, mais reprennent des motifs de l'art roman, deux de ces derniers ont été refait au XIXe siècle. 

Modillons à copeaux et dents d'engrenage

Le portail du XVème siècle, porte de belles sculptures probablement réalisées par le même artiste qui a travaillé sur le portail de l’église saint Laurent à Besse-et-Saint-Anastaise.

Les décors extérieurs de l’église sont des modillons à copeaux et des dents d’engrenages. Le clocher, trop lourd pour l’édifice, à été refait au XIXème siècle.

Des sculptures doivent provenir d'une église antérieure comme le visage qui apparaît dans le mur extérieur du croisillon sud (il s’agit peut être d’une stèle funéraire romaine) et le linteau au-dessus du porche (reconstruit au XIXe siècle). Ce linteau représente la lapidation de saint Étienne. Les visages sont partiellement refaits au ciment par le sculpteur autodidacte Antoine Rabani (1844-1919).

Dans la nef, sur le côté nord, un chapiteau représente des personnages réalisés de manière très simplistes sont probablement de la main de ce génial sculpteur.