SAINT SATURNIN

A Saturnin, côte à côté se trouvent l'église Notre Dame et la chapelle Sainte Magdeleine, toutes les deux romanes.

Eglise Notre Dame

Saint-Saturnin, martyr toulousain du IIIe siècle, a été le vocable d’un petit monastère qui, par la suite, a été consacré à la Vierge Marie. En 1040, il serait un prieuré de l’abbaye clunisienne de Souvigny. En 1147, la paroisse est citée par l’évêque de Clermont et en 1284 elle est une dépendance de saint Austremoine d’Issoire. La construction de l’église est datée suivant les chercheurs des années 1050 ou 1150. 

Classée Monuments Historiques en 1862, elle été restaurée en de 1880 à 1898, les derniers travaux ont été réalisés en 2005. L’église est édifiée sur une terrasse artificielle qui nécessita d’importants travaux d’aplanissement de la colline. Les roches utilisées sont locales : les arkoses (grès) blondes dominent et jouent avec les sombres basaltes et les tufs rouges. Les chapiteaux sont en arkose, quelques-uns en trachytes.

Elle possède quasiment les mêmes dimensions et plan que Saint-Nectaire et Saint-Julien de Chauriat : une nef divisée en quatre travées encadrée de bas-côtés surmontés de tribunes, un transept débordant à absidioles, un chevet semi-circulaire à déambulatoire et une crypte semi-enterrée sous le chœur. 

La croisée du transept est couverte par une coupole qui supporte le clocher. Le chevet, le transept et le clocher composent une élégante pyramide. 

Le déambulatoire simplifié par l’abandon des absidioles forme un large demi-cylindre. 

Le décor extérieur est raffiné : cordon à billettes, arcatures, baies, niches, colonnettes, chapiteaux, mosaïque de pierres, corniche, modillons et frontons.

Si Saint-Saturnin respecte la tradition des églises romane d’Auvergne, ses proportions changent au profit d’une recherche sur la verticalité. 

De même, l’abandon des tours occidentales, du vestibule, des chapelles rayonnantes et de la sculpture narrative se fait au profit d’une plus grande fusion des formes architecturales. 

À l’inverse, la crypte est supportée par de lourdes colonnes et possède trois niches éclairées par des ouvertures ménagées dans l’escalier du chœur (fenestela).

La sculpture porte sur les modillons et les chapiteaux desquels émergent quelques faces grimaçantes, mais ces derniers sont essentiellement à motifs végétaux. Notons qu’on trouve aussi des aigles et des oiseaux buvant dans un calice.

L'étage des tribunes

Vitrail de Kim en Joong, 2007

La crypte

Chapelle Sainte Magdeleine

La chapelle de Sainte Magdeleine est édifiée au XIe, ce qui en fait le bâtiment le plus ancien de Saint-Saturnin. Sa particularité réside dans le fait que le chœur se situe dans une tour du rempart de l’ancien fort villageois.

Au cœur du village, à quelques pas du chevet de l’église, la chapelle borde un ancien cimetière maintenant reconverti en jardin public. Elle est de petite taille mais présente un portail remarquable orné de voussures ouvragées et à l’intérieur, plusieurs chapiteaux romans qui méritent d’être admirés des visiteurs.

Lors de la guerre de Cent Ans, au XVe siècle, son abside a été rehaussée et transformée en tour, intégrée à l'enceinte de la ville. Elle devient maison d'habitation, puis école au milieu du XIXe siècle. Son plan est très simple avec une nef d'une seule travée, et un chœur dont le plafond est voûté en cul-de-four. Celui-ci est surmonté d'une tour semi-circulaire s'appuyant sur les vestiges d'un ancien campanile, montrant encore deux arcs et un chapiteau. La porte d'accès présente un linteau gravé où l'on peut lire « nous avons esté comme vous un iour vous serés comme nous pensés y bien 1668 ».

Le 9 août 1929, la chapelle est classée dans son intégralité au titre des monuments historiques, y compris la porte de l'ancien cimetière qui lui est contigu. Propriété de la commune de Saint-Saturnin, elle a été aménagée en salle pour des expositions

La chapelle et l'église

La pore de la chapelle