CHAS
Eglise Saint Martin
L’église Saint Martin de Chas, dont les origines anciennes sont mal connues, est issue de neuf siècles de transformations et d’aménagements depuis la construction du chœur roman. A cette époque, elle occupe le centre d’un espace circulaire qui correspond à l’emplacement du cimetière du Moyen Âge.
En 990, l'église est donnée au prieuré de Sauxillanges. Il y eut un prieuré qui, en 1789, dépendait de Saint-Caffre. En effet, dédiée à Saint-Martin de Tours, elle était une dépendance de l’abbaye Saint-Chaffre du Monastier (Le Monastier-sur-Gazeille) dans le diocèse du Puy en 1266-1267. Elle était également le siège d’un prieuré mentionné pour la première fois en 1392.
L'église comprend une nef de trois travées, à voûte en berceau brisé, un chœur à chevet semi-circulaire, voûté en cul-de-four. Une petite chapelle s'ouvre au sud, dans la première travée à partir du choeur. Au fond de la nef se trouvent deux piliers cylindriques engagés surmontés de chapiteaux romans à feuillages. La tourelle ronde renfermant un escalier à vis fait une forte saillie dans le mur ouest de la dernière travée de bas-côté.
L'accès à cette ancienne chapelle castrale, romane, mais fortement remaniée s'effectue par un porche en appentis associé à la porte ouest. Cette construction de la Renaissance, dont l’arcade est tournée vers le Nord, comprend deux travées voûtées formant loggia. Ce portail est à arc brisé à trois voussures de mouluration saillante à profil circulaire. Les montants sont formés de trois colonnes recevant l'arc sur des chapiteaux. Il est précédé d'un porche de deux travées voûtées d'ogives avec clefs de voûte sculptées, l'une d'elles portant l'année 1588.
L'église est surmontée d’un clocher plus récent en pierre de Volvic (reconstruit après la destruction de l’ancien en 1793) qui tranche avec le reste de l’édifice. Ce clocher carré se trouve au-dessus de la dernière travée. Il comporte, sur chacune de ses faces, des baies géminées à arcs en plein cintre retombant sur une colonnette médiane ronde surmontée d'un chapiteau.
Dans le mur sud, qui est aveugle a été aménagé une niche contenant une statue en pierre de Saint Roch qui porte des traces de polychromie.
La nef a trois travées en berceaux brisés séparés par des doubleaux qui prennent appui sur des piliers carrés à impostes. Elle est flanquée au Nord d’un bas-côté de même largeur voûté d’arêtes, sur lequel on a édifié le clocher. Deux chapiteaux de type roman ornent des colonnes engagées dans les angles nord et sud au revers de la porte. La troisième travée sud de la nef ouvre sur une chapelle peu profonde voûtée d’un berceau perpendiculaire à la nef. Le chœur est constitué d’une courte travée droite en berceau brisé à laquelle fait suite un sanctuaire en hémicycle couvert en cul-de-four. Cette architecture romane, qui conserve à l’extérieur des fragments importants de cordons de billettes est masqué par un décor en stuc de style classique avec pilastres et entablements. La voûte intérieure est une coupole sur trompes.
Au côté sud de l'église se trouve le cimetière du village. A l'entrée de celui-ci existe un trou circulaire qui paraît se continuer assez profondément, servant probablement d'ossuaire.
L'église est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 2013.
Une récente campagne de restauration a permis la mise en valeur dans le chœur, des fresques datant du début du XIXème siècle. Des sondages avaient mis à jour un ancien décor du XIXème siècle, de peintures de croix et fleurs de lys réalisées au pochoir mais qui présentait peu d’intérêt et était trop dégradé par l’humidité pour être restauré, mais la surprise est venue d’une couche picturale plus ancienne.
Des motifs de rinceaux bleus sont vite apparus, puis un visage d’angelot et des branches d’oliviers. Etant donné la qualité et l’extrême rareté de ces peintures, il a été décidé de procéder au dégagement de cette fresque en vue de sa conservation et de mise en valeur. Anges, attributs épiscopaux (crosse, mitre), sacré cœur et végétaux et leur encadrement de faux marbre ont revu le jour dans la partie droite du chœur qu’ils ornaient au cours du XIXème siècle. Leur datation n’est pas encore très assurée, de même que la nature de l’éclatant et inhabituel colorant bleu.
Toutefois, ces éléments témoignent d’une œuvre de qualité, aux traits d’une grande finesse, travail d’un peintre aguerri. Cette fresque a dû constituer un certain investissement à l’époque, peut-être financé par un personnage important. Elle pourrait avoir été réalisée par un peintre italien de la renaissance, Zanini, qui s’était installé à Thiers, et qui a peint des fresques semblables à l’église de Bongheat.
Le mobilier comprend quelques beaux éléments dont le font baptismal daté de 1513.
Chapiteaux romans et trace de cordon de billettes
Font baptismal du XVIème siècle
Saint Verny, patron des vignerons