USSON

Eglise Saint Maurice

La cité historique d’Usson, village perché labellisé « Plus beaux Villages de France », abrite l’église Saint-Maurice datant principalement du XIIème siècle, époque correspondant à la construction de la forteresse d’Usson érigée par les Comtes d’Auvergne.

On connait de cette forteresse un dessin du XVème siècle provenant de l’Armorial de Revel, dont le château a hébergé Marguerite de Valois, dite la « Reine Margot », durant son exile de 19 années, entre 1585 et 1605. De cette forteresse, rasée par Richelieu sur ordre de Louis XIII en 1634, il ne reste que l’église Saint Maurice, aujourd’hui inscrite à l’inventaire des monuments historiques, et divers vestiges.

Il s’agit d’un édifice complexe et remanié, où s’entremêlent des éléments caractéristiques à la fois de l’architecture romane et du style gothique, abritant des éléments de mobilier remarquables, restaurés récemment par la municipalité d’Usson, dont notamment deux œuvres peintes mêlant intérêt historique et grande valeur artistique : « La Résurrection de Lazare », peinture sur bois du XVème siècle représentant le don d’Usson par Louis XI à Louis de Bourbon-Roussillon à l’occasion de son mariage avec sa fille naturelle Jeanne de Valois et « La Crucifixion » du peintre Niklaus Manuel Deutsch, datée 1518, mais également un tabernacle daté 1620-1622 réalisé en hommage à la « Reine Margot », représentée sous les traits de Sainte-Radegonde, suite à son décès en 1615.

Une chapelle dédiée à Saint Maurice est mentionnée dés le Xème siècle. Elle dépendait de l'église paroissiale de Chassagne. Elle devint un prieuré de l'abbaye dauphinoise des Augustins de Saint-Ruf.

Sa construction s’est faite au fil des siècles : un 1er édifice roman du XIIème s. auquel s’est adjoint au sud un 2ième édifice du XIVème s. : la chapelle gothique de la Reine (actuelle sacristie). Puis au XVIIIème s., au nord la chapelle de la famille de Matharel de style rocaille et à l’ouest la reconstruction de la tour-clocher-porche.

Elle abrite un riche mobilier : un Christ en bois, un tabernacle de 1620, deux tableaux peints : la résurrection de Lazare (XVème s.) et la Crucifixion de Niklaus Manuel Deutsch (1518), des statues de Saints et une copie de la Vierge en Majesté d’Usson.

Nef, transept et choeur du XIIe siècle. Bas-côtés du XIIIe siècle. Chapelles latérales du choeur et chapelles sud des XIVe et XVe siècles. En 1737, le clocher s’effondre et un nouveau est édifié à l’ouest. L’édifice est formé d’une nef, d’un transept et d’un choeur auxquels ont été ajoutés par la suite les bas-côtés, les chapelles latérales et le porche. Chapiteaux à corbeilles sculptées. Le porche sud, précédant le portail en arc brisé, mouluré de deux boudins sur bases prismatiques, est couvert d’une voûte d’ogives profilée en anse de panier. Les nervures chanfreinées sont reçues sur des culots.

 

Copie de la Vierge romane d'Usson

Tabernacle de la reine Margot

L'édifice abrite un tableau du XVème siècle sur le Résurrection de Lazare, récemment restauré avec le concours de la Sauvegarde de l'Art Français. Cette œuvre est composée de huit panneaux de bois assemblés avec un cadre doré.

Le Christ, en robe conventionnelle gris-bleutée, entouré de saint Jean et de saint Pierre, ressuscite Lazare devant une foule de spectateurs ; « Lazare Veni Foras » est écrit au-dessus de la tête du Christ en lettres d’or dans le ciel. Cela signifie « Lazare, viens dehors ! ». Lazare était l’un des proches de Jésus. Décédé prématurément, le Christ ressuscita Lazare 4 jours après la mort de ce dernier. Cet évangile est tiré des écrits de saint Jean. Ce dernier raconte que le cadavre de Lazare sentait déjà très mauvais au moment où le christ lui rendit la vie. Le peintre de cette magnifique œuvre a pris le soin de représenter certains des personnages de la foule se bouchant le nez, tant l’odeur du mort est désagréable.

La commune a lancé une souscription avec la Sauvegarde de l'Art Français pour la restauration de l'église